La fin du dispositif Pinel : Quelles conséquences pour le marché immobilier ?

Depuis son entrée en vigueur le 1er janvier 2015, le dispositif Pinel a connu une existence décennale et touche à sa fin le 31 décembre 2024. Ce dispositif, qui permettait aux propriétaires d’investir dans des logements neufs et de bénéficier de réductions d’impôt, a longtemps été très populaire. Cependant, sa popularité a considérablement diminué ces derniers mois, car il est jugé inefficace par rapport à son impact sur les finances publiques.

Comprendre le dispositif Pinel

Concrètement, le dispositif Pinel offre aux propriétaires la possibilité de bénéficier d’une réduction d’impôt pendant toute la durée de la location de leur bien, que ce soit sur une période de six ou neuf ans. Cependant, il existe des plafonds fixés à 300 000 euros et 5 500 euros par mètre carré. Le taux de réduction d’impôt a été récemment ajusté, passant de 12% à 10,5% pour un contrat de six ans en début d’année, et il sera réduit à 9% en 2024, année qui marquera la fin du dispositif. Pour un contrat de neuf ans, le taux actuel est de 15% en 2023, mais il sera abaissé à 12% l’année prochaine.

Les difficultés à surmonter pour accéder à la propriété

Cependant, le dispositif Pinel ne se limite pas seulement à ses avantages fiscaux. Sylvia Pinel, l’ancienne ministre du Logement de François Hollande, souligne que son objectif principal était de favoriser la construction de logements intermédiaires. Dans une interview accordée à La Dépêche, elle explique que ces logements sont destinés aux ménages qui se situent juste au-dessus des critères d’éligibilité pour le logement social, mais qui n’ont pas les moyens d’accéder à la propriété. Ainsi, le dispositif Pinel vise à soutenir la classe moyenne française.

Actuellement, l’accès à la propriété dans le secteur immobilier est devenu plus difficile en raison de la hausse des taux d’intérêt. Cela rend l’achat d’un logement un véritable défi pour de nombreux Français, qui se tournent donc vers la location.

Afin de faciliter l’accès à la location, le gouvernement envisage de changer d’approche et de se concentrer sur le logement locatif intermédiaire (LLI). Ce dispositif permettra de proposer des loyers abordables, mais il sera destiné aux investisseurs institutionnels. Sylvia Pinel, qui a porté cette mesure, estime qu’il serait une erreur d’abandonner complètement le dispositif Pinel sans proposer une alternative pour soutenir l’investissement immobilier. Selon elle, les Français sont attachés à ce dispositif et s’ils ne peuvent plus y investir, cela ne fera qu’aggraver la pénurie de logements et les incitera à investir dans d’autres domaines.

« Bombe sociale »

Selon les données du SDES (Sitadel2), cette année a vu le démarrage de 359 200 chantiers de nouveaux logements, ce qui représente une baisse de 8% par rapport à l’année précédente (2021-2022). Toutefois, il reste actuellement 47 000 logements invendus qui ont été rachetés par l’État, nécessitant ainsi la recherche d’occupants. Cette étape est essentielle avant de lancer de nouveaux projets de construction d’envergure, malgré la crise en cours.

Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), exprime son inquiétude quant à la programmation de la fin du dispositif Pinel, qu’il considère comme essentiel. Selon lui, sans les investisseurs pour financer la construction de nouveaux logements, ces biens risquent de disparaître du marché. Sylvia Pinel souligne également les conséquences sociales à venir, dénonçant une « bombe sociale ». Elle met en avant la difficulté croissante pour les Français modestes d’accéder à la propriété et souligne les destructions d’emplois potentielles dans le secteur immobilier en raison de la diminution des mises en chantier. Le secteur du bâtiment, qui a un fort impact sur l’économie, risque d’être entravé.

Les informations de cet article proviennent du site La Dépêche.

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