- Par Ambre Levesque
- Publié le
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Agroforesterie : comment les arbres protègent les sols agricoles
Agroforesterie : de quoi parle-t-on concrètement ?
L’agroforesterie désigne une pratique agricole qui associe volontairement des arbres et des cultures sur une même parcelle. Contrairement à une idée répandue, il ne s’agit pas de transformer un champ en forêt. L’objectif reste agricole, mais avec une organisation différente du paysage.
Cette approche repose sur un principe simple : les arbres apportent des fonctions écologiques que les cultures seules ne peuvent pas assurer. Ils agissent sur le sol, l’eau, le climat local et la biodiversité, tout en cohabitant avec les productions agricoles.
Associer arbres et cultures sans opposer production et écologie
Dans un système agroforestier, les arbres et les cultures exploitent le sol à des profondeurs différentes. Ainsi, les racines profondes des arbres structurent le sol, tandis que les cultures utilisent les couches superficielles. Cette organisation limite la concurrence directe pour l’eau et les nutriments.
De plus, les arbres modèrent le vent et réduisent l’exposition des cultures aux conditions extrêmes. Par conséquent, l’agroforesterie ne vise pas à réduire les rendements, mais à les sécuriser dans le temps, notamment face aux aléas climatiques.
Haies, alignements et arbres isolés : plusieurs formes possibles
L’agroforesterie prend des formes variées selon les territoires. Certaines exploitations plantent des haies intraparcellaire, d’autres privilégient des alignements d’arbres ou quelques arbres isolés dans les champs. Chaque configuration répond à des objectifs précis.
Ainsi, une haie peut freiner le vent et l’eau, tandis qu’un alignement d’arbres crée de l’ombre et structure le paysage. Cette souplesse permet aux agriculteurs d’adapter la pratique à leurs contraintes techniques.
Agroforesterie : pourquoi les arbres protègent les sols agricoles
Les sols agricoles subissent aujourd’hui une dégradation progressive. L’érosion, la perte de matière organique et le tassement réduisent leur capacité à produire. Face à ce constat, l’agroforesterie apporte des réponses concrètes et visibles.
Agroforesterie : limiter l’érosion et protéger les sols
Dans de nombreuses régions, le vent et les pluies intenses emportent chaque année une partie de la couche fertile des sols. Progressivement, les parcelles deviennent plus vulnérables et moins productives.
Les arbres freinent ces phénomènes. Leurs racines maintiennent la terre en place et créent des galeries naturelles qui facilitent l’infiltration de l’eau. Ainsi, le ruissellement diminue et la structure du sol reste plus stable, même lors d’épisodes climatiques extrêmes.
Nourrir la vie du sol et renforcer sa fertilité
Les arbres contribuent directement à la vie du sol. Leurs feuilles mortes apportent de la matière organique, tandis que leurs racines nourrissent les micro-organismes. De plus, les vers de terre trouvent de meilleures conditions pour se développer.
Cette activité biologique améliore la fertilité et la capacité du sol à retenir l’eau et les nutriments. Par conséquent, les cultures bénéficient d’un sol plus vivant et plus résilient.
« Les arbres et les haies jouent un rôle majeur dans la protection des sols et le fonctionnement des écosystèmes agricoles. »
INRAE
Agroforesterie et arbres dans les champs face au climat
Le changement climatique accentue les contraintes sur l’agriculture. Sécheresses, vagues de chaleur et pluies intenses se multiplient. Dans ce contexte, l’agroforesterie devient un outil d’adaptation.
Arbres et agroforesterie : réduire le stress des cultures
Les arbres créent des zones d’ombre et limitent l’évaporation de l’eau. Ainsi, les cultures subissent moins de stress thermique lors des fortes chaleurs. L’air circule différemment, ce qui réduit les écarts de température.
Ces microclimats améliorent la stabilité des cultures et limitent certaines pertes de rendement.
Des sols plus résistants face aux sécheresses
Grâce à leurs racines profondes, les arbres améliorent l’infiltration de l’eau dans le sol. De ce fait, l’humidité reste disponible plus longtemps, même en période sèche.
Cette capacité devient essentielle dans les territoires soumis à la raréfaction de l’eau.
Agroforesterie : des bénéfices au-delà des sols
L’agroforesterie ne se limite pas à la protection des sols. Elle transforme aussi l’environnement agricole dans son ensemble.
Favoriser une biodiversité utile à l’agriculture
Les arbres et les haies accueillent pollinisateurs, oiseaux et insectes auxiliaires. Ainsi, ils participent à la régulation naturelle des ravageurs et réduisent la dépendance aux produits chimiques.
Cette biodiversité soutient des systèmes agricoles plus équilibrés. Les haies structurent les paysages agricoles et filtrent les eaux de ruissellement. De plus, elles limitent la pollution des cours d’eau et améliorent le cadre de vie. Ces effets renforcent l’acceptation sociale des pratiques agricoles.
Pourquoi l’agroforesterie a longtemps reculé
Malgré ses bénéfices, l’agroforesterie a fortement diminué au XXe siècle. Ce recul s’explique par des choix agricoles et économiques.
Remembrement et mécanisation des campagnes
Le remembrement a favorisé de grandes parcelles adaptées aux machines. Ainsi, de nombreuses haies ont disparu pour simplifier le travail agricole.
Cette évolution a permis des gains rapides de productivité, mais elle a fragilisé les sols. Sans arbres, les sols deviennent plus sensibles à l’érosion et à la perte de fertilité. Aujourd’hui, ces limites apparaissent clairement face aux crises climatiques.
Pourquoi l’agroforesterie revient aujourd’hui
Face aux défis actuels, l’agroforesterie retrouve une place centrale dans les stratégies agricoles.
Une réponse concrète aux enjeux agricoles actuels
Climat, eau et sols imposent une évolution des pratiques. Ainsi, l’agroforesterie s’impose comme une solution crédible pour accompagner la transition agricole. Des réseaux spécialisés accompagnent aujourd’hui les agriculteurs. De plus, les collectivités soutiennent ces projets à l’échelle des territoires.
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L’hybridation entre architecture et nature est essentielle pour créer des villes plus durables. En intégrant des éléments naturels dans les espaces bâtis — comme les jardins verticaux, les toits végétalisés ou les aménagements écologiques — on embellit les environnements urbains tout en luttant contre le changement climatique. Ces solutions renforcent la biodiversité en offrant des habitats aux pollinisateurs et aux oiseaux, améliorent la gestion des eaux pluviales et favorisent la qualité de vie des citadins grâce à des espaces apaisants et ressourçants. Cette approche projette une vision d’avenir où chaque jardin devient un écosystème à part entière, contribuant à une ville plus verte et durable pour les générations futures.





