- Par Pauline Alves
- Publié le
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Michel Desvigne le maître de la transformation urbaine
Des racines académiques au service du paysage
Né en 1957 à Montbéliard, Michel Desvigne débute son parcours par des études scientifiques.
En 1979, il obtient un diplôme en botanique et géologie à l’Université Lyon-II. Cette formation lui apporte une compréhension fine des écosystèmes naturels.
Par la suite, il choisit de s’orienter vers le paysage. Il intègre l’École nationale supérieure du paysage de Versailles, où il est formé par Michel Corajoud. Diplômé en 1984, il se distingue rapidement par une approche sensible et rigoureuse du projet paysager.
En 1986, Michel Desvigne devient le premier paysagiste pensionnaire de la Villa Médicis à Rome. Durant ce séjour, il développe le projet des Jardins élémentaires. Ces compositions minimalistes interrogent le lien entre l’homme et la nature. Elles seront ensuite intégrées aux collections du Centre Georges-Pompidou.
Une carrière structurée par des projets emblématiques
Des collaborations architecturales majeures
À son retour en France, Michel Desvigne entame une série de collaborations déterminantes.
En 1989, Renzo Piano lui confie la conception du « Square des Bouleaux« , à Paris. Ce jardin, composé de 110 bouleaux plantés dans une cour étroite, illustre sa capacité à transformer des espaces contraints.
Par la suite, son travail s’inscrit dans de nombreux projets d’envergure, en France comme à l’international.
Des réalisations internationales marquantes
Parmi ses projets les plus emblématiques, on peut citer :
- Le parc de la péninsule de Greenwich à Londres, conçu avec Richard Rogers, qui accompagne la reconversion d’une friche industrielle.
- Les espaces extérieurs du Dallas Center for the Performing Arts, réalisés avec Foster + Partners et OMA, où paysage et architecture dialoguent étroitement.
- Le parc Dräi Eechelen à Luxembourg, développé avec Ieoh Ming Pei, qui valorise un site patrimonial par une écriture contemporaine.
En parallèle, Michel Desvigne mène des études territoriales à grande échelle. Il travaille notamment sur Bordeaux Rive Droite ou la Lower Lea Valley à Londres. Cette vision globale lui vaut une reconnaissance internationale, couronnée par le Grand Prix de l’Urbanisme en 2011.
Le paysage doit jouer son rôle ancestral : préparer les territoires à leurs futurs usages.
Michel Desvigne, architecte-paysagiste.
Une vision du paysage tournée vers le long terme
Cette phrase résume l’approche de Michel Desvigne.
Pour lui, le paysage ne se limite pas à un décor. Il constitue une infrastructure vivante, capable d’accompagner l’évolution des villes sur plusieurs décennies.
Ainsi, ses projets privilégient des formes simples, évolutives et adaptées aux usages futurs. Le temps long devient un matériau de conception à part entière.
Transmission, enseignement et recherche
Un engagement fort dans l’enseignement
Au-delà de la pratique professionnelle, Michel Desvigne s’investit activement dans la transmission du savoir.
Depuis 2014, il enseigne à l’Université Harvard. Il y partage sa vision du paysage comme outil stratégique du projet urbain.
En parallèle, il préside depuis 2008 le conseil d’administration de l’École nationale supérieure du paysage de Versailles. Sous son impulsion, l’établissement renforce son rôle face aux enjeux écologiques contemporains.
Recherche et diffusion des idées
Par ailleurs, Michel Desvigne publie régulièrement et intervient lors de conférences internationales.
Ses travaux interrogent les relations entre urbanisme, architecture et paysage. Ils proposent des pistes concrètes pour concevoir des villes plus résilientes et plus habitables.
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Le média de l’immobilier écologique
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L’hybridation entre architecture et nature est essentielle pour créer des villes plus durables. En intégrant des éléments naturels dans les espaces bâtis — comme les jardins verticaux, les toits végétalisés ou les aménagements écologiques — on embellit les environnements urbains tout en luttant contre le changement climatique. Ces solutions renforcent la biodiversité en offrant des habitats aux pollinisateurs et aux oiseaux, améliorent la gestion des eaux pluviales et favorisent la qualité de vie des citadins grâce à des espaces apaisants et ressourçants. Cette approche projette une vision d’avenir où chaque jardin devient un écosystème à part entière, contribuant à une ville plus verte et durable pour les générations futures.





